J'ai eu le temps de ruminer, celui de pleurer sur mon sort, de réfléchir, de prier et de gémir... Tout ça pour aboutir à la conclusion qu 'il me fallait pour m'en sortir, faire un gros condensé de l' année qui vient de s'écouler, de tout coucher sur cahier et puis de tout jeter... étant en manque de papier (ce qui est à présent, il faut le dire, le cadet de mes soucis de future-ex-romaniste), j'ai décidé de faire ça ici. Ne me tenez pas rigueur de mes fautes, de mon style, puisqu' apparemment j'ai raté ma vocation et que cette belle langue qu'est le Français, je ne la pratique pas avec l'aisance dont je m'espérais détentrice. Ne me reprochez pas non plus le ton défaitististe de la fille qui voit son verre bien davantage à moitié-vide qu'à moitié plein puisque c'est ainsi qu'elle se sent : à moitié pleine de rien et engouffrée de néant. Mon année a été tout ce qu'il y a de plus intense et de ce fait, elle est d'ores et déjà inoubliable. Reste à savoir si c'est en bien où en mal. J'ai beaucoup ri et beaucoup soupiré aussi. J'ai passé des soirées entières à me demander si cette nouvelle vie n'était pas en train de tout bouleverser. Et effectivement, elle l'a fait. Cette fois, le doute n'est plus permis, ces derniers mois m'ont changée, les gens m'ont changée, la solitude, l' Amour qui vous explose à la gueule si ça ne défigure pas, au propre, vous en gardez néanmoins les traces... tout ça, ca m'a bousculée. Je ne suis plus la même personne, ma vision de la société a évolué. J'ai été capable d'oublier presque totalement l'absence d'Elise, de m'attacher à d'autres, de vivre à leur rythme, j'avais perdu mes repères et eux, m'ont aidée à en trouver d'autres. Je manquais un peu d'une famille et ils m'en ont livrée une, bien plus riche de différences, tellement plus gaie, tolérante et vivante. Une cellule protectrice, fruit d'une élection et non plus le résultat de combinaisons génétiques aléatoires. Merci à eux, j'espère bien qu'ils se reconnaîtront.
Dimanche dernier, j'ai commencé à faire mes bagages au kot. Je repensais à ces bonnes vibrations que j'avais eues en amenant ma vie là-bas. J'arrivais avec des cartons de bouffe bio, des mannes de fringues, des malles de photos et des camions de rêves, j'étais amoureuse (c'est important de le souligner, parce que le fait est rare quoi qu'on en pense), heureuse et j'allais dévorer le monde. Les cours se passaient bien, je me délectais de la moindre minute avec Selena, j'aurais sincèrement voulu avoir plus de temps avec elle!Il y a eu de jolis instants tout au long de cette année et c'est ce à quoi je repenserai à l'heure de quitter Bruxelles et de revenir vivre en province : Aux beaux moments!
La vérité c'est que je ne sais plus où va ma vie ni plus d'idée quant à pourquoi elle m'est aussi douloureuse. Je m'en veux baisser les bras et puis d'aller aussi mal depuis quelques jours, d'avoir cette impression d'être brisée, ou juste honte de n'avoir jamais rien réussi dans la vie, pas même les choses élémentaires. J'aimerais être différente, plus capable, plus volontaire et intelligente pour pouvoir espérer encore un peu et me réveiller tant que cette année se joue encore, être foutue de me dire que rien n'est perdu. Si mon avenir se retrouve déjà empaqueté avec les verres, dans une boîte crade et isolée à grands coup de journaux écornés, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Je me sens triste, blessée et "à terre" . Ainsi, demain ne pourra être moins bon, même s'il me faudra encore repartir de rien.
Et je n'aurais pas le courage pour ça!
LL Plif LL Plaf LL Plouf ... Photo :
Ici!